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Camille Goujon, Photo Patrick Gherdoussi,
Télérama Nov. 2023

Artiste plasticienne, mes moyens d’expressions favoris sont le dessin, la sculpture, l’image en mouvement, le son, la narration. Mon travail parle essentiellement d'écologie, du paysage, de l’hybridation et de l’ambivalence entre nature et culture. Mon mode de communication : l’humour, le dysfonctionnement, le décalage entre les mots et les images, l’actualité et l’imaginaire.

Bio-artiste spécialiste des paysages hybrides et antagonistes Camille Goujon est une artiste française née en 1977 aux Lilas.  Passionnée de sciences humaines, elle fait des études en  Hypokâgne-Khâgne option Arts Plastiques au Lycée Condorcet à Paris.  Son besoin de s’exprimer par l’art, l’amène à poursuivre ses études dans plusieurs écoles d'art à Paris : la faculté d'arts plastiques pour la théorie et l'esthétique où elle rencontre Gilles Tiberghien spécialiste de l'histoire du paysage, puis l’école Estienne en Gravure où elle devient amie de Françoise Petrovitch.  Enfin, elle entre à l'école des Beaux-Arts de Paris dans les ateliers de Erik Dietman et Guillaume Paris où elle développe un travail pluridisciplinaire dans les domaines du dessin, de la sculpture et de la video. Les sujets de son travail son déjà   Son  éducation familiale la sensibilise très jeune aux problèmes écologiques. Elle fait de son travail artistique un engagement écologique. Etudiante, elle travaillait déjà sur la question du paysage industriel, de la terre Machine, des animaux-usines. En 2004, elle obtient une bourse d'échange avec Art Center College de Pasadena, L.A. Les recherches qu'elle a entamées sur l'industrie de l'eau ont influencé son travail artistique jusqu'à aujourd'hui. En 2007, elle a reçu la bourse de la Villa Medicis pour poursuivre mon travail artistique à L.A. qui a été exposé dans de nombreux musées et galeries en France (Château d'Oiron, Centre d'Art de Meymac, Artothèque de Caen...). Son travail est également cité dans des ouvrages de référence sur l'art et l'écologie : " Les Carnets du Paysages ", " Aquavitalis ", " Un art écologique " de Paul Ardenne en 2018. Elle a obtenu des résidences d'artistes au Japon en 2008, sur l'île d'Ouessant en 2010, au Château de Chamarande invitée par l’association COAL. Ses œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées (Artothèque de Caen, Collection départementale de Chamarande), et ses films sont présentés dans des festivals internationaux. (USA, Bosnie, Autriche, France, Canada..) En 2010 elle est invitée par la Galerie Bendana-Pinel Art contemporain a exposé son travail de dessins et sculptures.  En 2018, Camille Goujon  s’installe à Marseille, où elle mène une enquête sur la région de l’Etang de Berre, berceau pétrochimique du Sud de la France. De ses rencontres avec les associations locales, les habitants et les professionnels des milieux lui permettent de réaliser un ensemble de dessins, de sculptures, en particulier lors d’une résidence dans la forêt du parc de la poudrerie de Saint-Chamas en 2022 invitée par l’association Voyons voir art contemporain et territoire. A Marseille elle fait la rencontre avec les membres de l’association Le bureau des Guides-Gr2013 essentielle dans son parcours. Les sujets de recherches sur l’énergie électrique, la pétrochimie, les plastiques, les pollutions, les paysages dévastés,  trouvent leur écho dans ce collectif artistique et scientifique. Participant à l’organisation de grandes marches exploratrices autour de l’Etang de Berre ( Expédition Pamparigouste 2019-2025), le travail artistique de Camille Goujon s’adapte à la difficulté de travailler dans le paysage, sans mur ni cimaise. C’est ainsi qu’elle développe une nouvelle forme d’expression artistique : l’art de la performance in situ pendant lesquelles elle raconte l’histoire du paysage avec humour. Elle réalise également des films d’animations documentaires réalisées avec les cartes postales des sites industriels. En 2025, ses films sont exposés dans une exposition solo en Nouvelle Zélande. Elle est également lauréate de la Bourse européenne EFFEA qui lui permet de partir investiguer dans la ville de Phocée en Turquie. Le résultat de ses découvertes prend la forme d’une conférence performée qu’elle présente à La vieille Charité de Marseille.

Bio-artist, specializing in hybrid and antagonistic landscapes Camille Goujon is a French artist born in 1977 in Les Lilas. Passionate about the humanities, she studied Hypokâgne-Khâgne with a focus on visual arts at the Lycée Condorcet in Paris. Her need to express herself through art led her to continue her studies at several art schools in Paris: the Faculty of Fine Arts for theory and aesthetics, where she met Gilles Tiberghien, a specialist in the history of landscape, then the École Estienne in engraving, where she became friends with Françoise Petrovitch. Finally, she entered the École des Beaux-Arts in Paris in the studios of Erik Dietman and Guillaume Paris, where she developed multidisciplinary work in the fields of drawing, sculpture, and video. The subjects of her work were already Her family upbringing made her aware of ecological issues at a very young age. She made her artistic work an ecological commitment. As a student, she was already working on the issues of industrial landscapes, machine earth, and factory animals. In 2004, she received an exchange scholarship to the Art Center College in Pasadena, L.A. Her research into the water industry has influenced her artistic work to this day. In 2007, she received a grant from the Villa Medicis to continue her artistic work in L.A., which has been exhibited in numerous museums and galleries in France (Château d'Oiron, Centre d'Art de Meymac, Artothèque de Caen, etc.). Her work is also cited in reference works on art and ecology: “Les Carnets du Paysages,” “Aquavitalis,” and “Un art écologique” by Paul Ardenne in 2018. She was awarded artist residencies in Japan in 2008, on the island of Ouessant in 2010, and at the Château de Chamarande, invited by the COAL association. Her works are included in public and private collections (Artothèque de Caen, Collection départementale de Chamarande), and her films are shown at international festivals. (USA, Bosnia, Austria, France, Canada, etc.) In 2010, she was invited by the Bendana-Pinel Contemporary Art Gallery to exhibit her drawings and sculptures. In 2018, Camille Goujon moved to Marseille, where she is conducting research on the Etang de Berre region, petrochemical cradle of southern France. Her encounters with local associations, residents, and professionals in the field enabled her to produce a series of drawings and sculptures, particularly during a residency in the forest of the Saint-Chamas powder mill park in 2022, where she was invited by the association Voyons voir art contemporain et territoire. In Marseille, she met the members of the association Le bureau des Guides-Gr2013, which played an essential role in her career. Her research topics on electrical energy, petrochemicals, plastics, pollution, and devastated landscapes resonate with this artistic and scientific collective. Participating in the organization of major exploratory walks around the Etang de Berre (Expédition Pamparigouste 2019-2025), Camille Goujon's artistic work adapts to the difficulty of working in the landscape, without walls or picture rails. This has led her to develop a new form of artistic expression: the art of in situ performance, during which she recounts the history of the landscape with humor. She also makes animated documentary films using postcards of industrial sites. In 2025, her films were shown in a solo exhibition in New Zealand. She was also awarded the European EFFEA grant, which enabled her to go and investigate the city of Phocaea in Turkey. The result of her discoveries took the form of a performance-based lecture, which she presented at La Vieille Charité in Marseille.

Statements Si le point de départ du travail de Camille Goujon s’ancre dans le réel, ses créations plastiques donnent forme à l’imaginaire, prétexte à raconter des histoires où l’articulation entre réel et fiction est si ténue qu’elle lui permet de traiter de sujets graves avec humour. C’est à l’occasion d’un échange scolaire entre l’école des Beaux arts de Paris et l’école Art Center collège de Los Angeles en 2004 que Camille Goujon commence une enquête sur l’histoire de l’eau à Los Angeles. Son travail sur la disparition de l’eau, les effondrements géologiques, les réseaux, les catastrophes environnementales liées à l’activité humaine prend son ampleur. Elle obtient en 2007, la bourse de La villa Médicis Hors les murs qui lui permet de résider plusieurs mois à Los Angeles afin d’approfondir son enquête. Partant d'un fait réel et s'inspirant de l'imaginaire collectif, le travail de Camille Goujon confronte différents points de vue afin de montrer comment la transformation du paysage affecte la politique, l’écologie aussi bien que l’imagination. Chacune des résidences où elle est invitée en France, au Japon, sur l’île d’Ouessant… donne naissance à de nouvelles histoires. Ses thèmes de prédilection sont les paysages industriels, barrages hydrauliques, centrales nucléaires, paysages pétrolifères… dont elle crée des dessins et sculptures anthropomorphes. Son travail met en relation les mythes cosmogoniques, thèmes bibliques de création du monde aux problématiques environnementales contemporaines. En 2015, elle vit sa grossesse comme une résidence artistique en son propre corps. Son mémoire de maîtrise en Fac d’Arts Plastiques intitulé: "L’origine du monde, la matrice", prend tout son sens. Ses dessins et sculptures de globe terrestre déformé, sa fascination pour ce ventre planétaire, peuvent être lu tant sous l’angle de la symbolique Terre-Mère nourricière que sous l’angle géopolitique d’un monde déformé. Procréation et création se retrouvent intimement mêlées. Paysage-corps, Corps paysages, la sculpture Lilipute, 2011, est un accouchement à l’échelle du paysage. La sculpture La bûcheronne, 2017, porte en son ventre un atelier d’artiste. Elle réalise des dessins et céramiques, déclinés sous l’angle sémantique : dessins, des seins, des seins animés, cent seins, seins pressés, sans tête… Son corps est devenu contenant, réceptacle, corps-maison et corps consommable. La pratique artistique de Camille Goujon se développe aussi dans l’image en mouvement. Le film d’animation est pour elle l’art plastique par excellence, en mêlant dessin, peinture, sculpture, son, photo, narration, film… En 2014, elle produit avec l’aide de la Ville de Pantin un dessin animé: Travaux Publics où les dessins sont projetés à l’échelle réelle sur un écran de 6,30 x 3,40m.  C’est au cours d’une résidence d’artiste en 2012 qu’elle est invitée à organiser son premier workshop. C’est ainsi qu’elle commence à développer des ateliers de réalisations de films d’animations collectifs expérimentaux qui deviennent une part essentielle de son travail artistique. Elle n’a de cesse de pousser plus loin les limites de l’expérimentation en élaborant des concepts d’ateliers ouvert à tous, sorte de cadavre exquis animés réalisés à plusieurs mains. En 2018, Camille Goujon décide de venir s’installer à Marseille, ville où elle trouve de multiples similitudes avec Los Angeles.  Les recherches qu’elle développe actuellement à Marseille s'inscrivent dans la continuité de son enquête sur les effondrements, la disparition, les réseaux souterrains, la mise en évidence par le minuscule de problématiques graves qui révèlent l’histoire politique, économique et écologique d’un territoire.

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