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Camille Goujon

Actualités

Festival Risc, Conférence performée : La cité des phoques, décembre 2025, La vieille Charité, Marseille

Assemblée du Laboplastique, 13 novembre 2025, Vitrolles

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, Exposition des films de Camille Goujon, Galerie Te Ara O Mauao, Tauranga, Nouvelle-Zélande. 28 avril-16 Mai 2025

Coalition, exposition Coal à l'Institut Français Izmir, Turquie. Février-mars 2025

Lauréate de la Bourse Européenne EFFEA ,

Résidence  en Turquie, Phocée- Marseille, en partenariat avec le Festival du film documentaire Foça, et le Festival Risc, Marseille

Vidéo Volcan, Commissaire Marie-Pierre Bonniol, Scène Nationale Le Havre : https://www.levolcan.com/ , 2024-25

Résidence Labo Plastique,  Invitation du Bureau des Guides-GR 2013, avec le Gipreb, et l'institut éco-citoyen pour les pollutions : https://bureaudesguides-gr2013.fr/laboratoire-plastique/ 2024-25

Biennale d'Aix en Provence: https://www.biennale-aix.fr/ , 2024

Amers Remarquables, Exposition collective sur les bords de la Seine, Association Dans le sens de la Barge, https://barge.mobi/ , 2024

Résidence au Tétrodon, Martigues, invitation de:  https://www.passage-infranchi.org/ , 2024



+Exposition,
+Conférence 
+Atelier 
+Herbier collectif,
+Marche publique
+Rencontre  scientifiques.


 

Texte de Charlotte Fauve.  Télérama Novembre 2023

Une chapelle, un micro doré de Karaoké. Drôle de décor pour une conférence «performée» de Camille Goujon autour de son herbier dessiné des lieux. L’artiste, auréolée de carton et d’une barbe -en référence à Sainte Barbe, patronne des artificiers-, commence son exposé , « pile là où il y a 322 ans, Louis XIV, en achetant un lopin de terre, fondait la première usine classée Seveso de France. » Face à une assistance hilare, Camille Goujon convoque jeux de mots, illustrations, performances... Les jeux de mots entraînent des images. Des arts « plastiqués », plutôt que plastiques, pour mieux révéler l’étrange destinée de cette poudrerie royale, puis nationale, frappée par une catastrophe industrielle en 1936 (cinquante trois morts, près de deux cents blessés) et aujourd’hui transformée en parc naturel, «où les arbres poussent boostés par les nitrates des explosifs qui polluent les sols» À la poudrerie, Camille Goujon est venue d’abord pour une résidence, initiée par l’association voyons voir, avec le soutien du Bureau des guides-GR2013. Un an et trois séjours plus tard, elle y est toujours, et est devenue obsessionnelle des platanes, dont elle reproduit merveilleusement à l’aquarelle l’écorce desquamée, si semblable à un camouflage militaire. Dans son enquête « botanico-balistique », son « Explosition », elle a aussi bien réussi à embarquer Farah ou Antoine, les gamins du centre social voisin, que le dendrologue ou le guide-naturaliste Joël Torres. « Ce qui partait comme un délire, nous a amené, au fur et à mesure, à plus de rigueur. Et à une évidence, celle d’un herbier. » Ou plutôt deux, menés en parallèle, avec deux protocoles tout aussi sérieux. L’un scientifique, écotoxicologique, (pendant du gigantesque herbier Castagne, maire de Miramas au 19ème siècle, que Camille Goujon redécouvre au cours de ses recherches). L’autre artistique, illustré, «523 espèces dessinées par 523 habitants des environs». Le recueil de la parole vraie, le pas de côté absurde et rigolard, face à l’angoisse de mort et à la crise climatique. Née en 1977, fille d’éditeurs « éco-anxieux » avant l’heure, Camille Goujon grandit en banlieue parisienne, élevée au milieu des livres de Daniel Pennac, cette dilettante opiniâtre fait « cinq écoles en cinq ans » avant les Beaux-Arts, dont elle sort sans diplôme, à une époque où « l’on ne faisait pas le lien entre art et écologie. » Grâce à une bourse, elle s’envole pour Los Angeles. Révélation : « J’ai suivi le pipe, le tuyau, qui partait de la ville jusqu’au lac Owens, totalement asséché pour assouvir les besoins en eau d’Hollywood.» De retour en France, elle s’installe à Marseille, où assez logiquement, sa fascination pour le « paysage-machine » l’amène à l’étang de Berre, berceau de la pétrochimie française - à deux pas de la Poudrerie de Saint-Chamas et Miramas. La suite se lira dans les plantes qu’elle préfère faire dessiner par d’autres : « Dans leur maladresse, éventuelle, on y lit une personnalité, une histoire. » Comme celle, sulfureuse, d’une terre polluée par l’industrie militaire, où d’anciennes caisses de munitions tiennent toujours lieu de bacs de plantation.

Charlotte Fauve

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