Films D'animations
Camille Goujon
Camille Goujon
Camille Goujon
Camille Goujon
Enquête Botanico-Balistique
Résidence Parc de la Poudrerie de Saint-Chamas- Miramas, 2022-23 . Invitée en Résidence par l'association Voyons voir art contemporain en territoire, avec l'aide de Bourse été Culturel, DRAC PACA, Rouvrir le Monde 2022 et Le Bureau des Guides-GR 2013.
Invitée en Résidence au Parc de la Pourdrerie de Saint-Chamas, Camille Goujon mêne une enquête sur la botanique et l'histoire de la poudre. Quels secrets militaire peuvent nous dévoiler les plantes? Pendant cette résidence elle réalise: - une "Explosition" dans un ancien atelier de fabrication de poudre, - deux performances intitulée : Enquête Botanico-Balistique, - une marche collective à travers le parc où elle invite des scientifiques, historiens, dendrochronologue, écotoxicologue, botanise et historiens à venir prendre la parole, - invite les habitant à la création d'un herbier dessiné des plantes du Parc. - Réalise un film d'animation documentaire avec les enfants du centre de loisir.
As a guest artist in residence at the Parc de la Pourdrerie in Saint-Chamas, Camille Goujon is conducting research into botany and the history of gunpowder. What military secrets can plants reveal to us? She is staging an exhibition entitled “Explosion” in a former gunpowder factory, staging two performances entitled “Botanical-Ballistic Investigation,” organizing a group walk through the park and inviting scientists, historians, dendrochronologists, ecotoxicologists, botanists, and historians to come and speak, and she is involving local residents in the creation of a illustrated herbarium of the park's plants.
Article Télérama Novembre 2023. Texte de Charlotte Fauve. Une chapelle, un micro doré de Karaoké. Drôle de décor pour une conférence «performée» de Camille Goujon autour de son herbier dessiné des lieux. L’artiste, auréolée de carton et d’une barbe -en référence à Sainte Barbe, patronne des artificiers-, commence son exposé , « pile là où il y a 322 ans, Louis XIV, en achetant un lopin de terre, fondait la première usine classée Seveso de France. » Face à une assistance hilare, Camille Goujon convoque jeux de mots, illustrations, performances... Les jeux de mots entraînent des images. Des arts « plastiqués », plutôt que plastiques, pour mieux révéler l’étrange destinée de cette poudrerie royale, puis nationale, frappée par une catastrophe industrielle en 1936 (cinquante trois morts, près de deux cents blessés) et aujourd’hui transformée en parc naturel, «où les arbres poussent boostés par les nitrates des explosifs qui polluent les sols» À la poudrerie, Camille Goujon est venue d’abord pour une résidence, initiée par l’association voyons voir, avec le soutien du Bureau des guides-GR2013. Un an et trois séjours plus tard, elle y est toujours, et est devenue obsessionnelle des platanes, dont elle reproduit merveilleusement à l’aquarelle l’écorce desquamée, si semblable à un camouflage militaire. Dans son enquête « botanico-balistique », son « Explosition », elle a aussi bien réussi à embarquer Farah ou Antoine, les gamins du centre social voisin, que le dendrologue ou le guide-naturaliste Joël Torres. « Ce qui partait comme un délire, nous a amené, au fur et à mesure, à plus de rigueur. Et à une évidence, celle d’un herbier. » Ou plutôt deux, menés en parallèle, avec deux protocoles tout aussi sérieux. L’un scientifique, écotoxicologique, (pendant du gigantesque herbier Castagne, maire de Miramas au 19ème siècle, que Camille Goujon redécouvre au cours de ses recherches). L’autre artistique, illustré, «523 espèces dessinées par 523 habitants des environs». Le recueil de la parole vraie, le pas de côté absurde et rigolard, face à l’angoisse de mort et à la crise climatique. Née en 1977, fille d’éditeurs « éco-anxieux » avant l’heure, Camille Goujon grandit en banlieue parisienne, élevée au milieu des livres de Daniel Pennac, cette dilettante opiniâtre fait « cinq écoles en cinq ans » avant les Beaux-Arts, dont elle sort sans diplôme, à une époque où « l’on ne faisait pas le lien entre art et écologie. » Grâce à une bourse, elle s’envole pour Los Angeles. Révélation : « J’ai suivi le pipe, le tuyau, qui partait de la ville jusqu’au lac Owens, totalement asséché pour assouvir les besoins en eau d’Hollywood.» De retour en France, elle s’installe à Marseille, où assez logiquement, sa fascination pour le « paysage-machine » l’amène à l’étang de Berre, berceau de la pétrochimie française - à deux pas de la Poudrerie de Saint-Chamas et Miramas. La suite se lira dans les plantes qu’elle préfère faire dessiner par d’autres : « Dans leur maladresse, éventuelle, on y lit une personnalité, une histoire. » Comme celle, sulfureuse, d’une terre polluée par l’industrie militaire, où d’anciennes caisses de munitions tiennent toujours lieu de bacs de plantation. Charlotte Fauve
Télérama article, November 2023. Text by Charlotte Fauve. A chapel, a golden karaoke microphone. A strange setting for Camille Goujon's “performed” lecture on her illustrated herbarium of the premises. The artist, wearing a cardboard halo and a beard—a reference to Saint Barbara, patron saint of fireworks makers—begins her presentation, “right where, 322 years ago, Louis XIV bought a plot of land and founded France's first Seveso-classified factory.” " Facing a laughing audience, Camille Goujon uses puns, illustrations, performances... The puns conjure up images. These are “plastic” arts, rather than plastic arts, which better reveal the strange fate of this royal, then national, powder magazine, struck by an industrial disaster in 1936 (fifty-three dead, nearly two hundred injured) and now transformed into a nature park, “where trees grow boosted by the nitrates from the explosives that pollute the soil.” Camille Goujon first came to the powder magazine for a residency, initiated by the Voyons Voir association, with the support of the Bureau des Guides-GR2013. A year and three stays later, she is still there, and has become obsessed with plane trees, whose flaking bark, so similar to military camouflage, she reproduces beautifully in watercolor. In her “botanical-ballistic” investigation, her “Explosition,” she successfully enlisted the help of Farah and Antoine, kids from the nearby community center, as well as dendrologist and nature guide Joël Torres. "What started out as a crazy idea gradually led us to greater rigor. And to an obvious conclusion: a herbarium. Or rather two, carried out in parallel, with two equally serious protocols. One scientific, ecotoxicological (parallel to the gigantic herbarium of Castagne, mayor of Miramas in the 19th century, which Camille Goujon rediscovered during her research). The other artistic, illustrated, “523 species drawn by 523 local residents.” A collection of true words, an absurd and humorous step aside from the anxiety of death and the climate crisis. Born in 1977, the daughter of publishers who were “eco-anxious” before their time, Camille Goujon grew up in the suburbs of Paris, surrounded by Daniel Pennac's books. This stubborn dilettante attended “five schools in five years” before enrolling in art school, which she left without a degree, at a time when “no one made the connection between art and ecology.” Thanks to a scholarship, she flew to Los Angeles. Revelation: “I followed the pipe that ran from the city to Owens Lake, which had been completely drained to satisfy Hollywood's water needs.” Back in France, she settled in Marseille, where, quite logically, her fascination with the “machine landscape” led her to the Étang de Berre, the cradle of French petrochemicals, a stone's throw from the Poudrerie de Saint-Chamas and Miramas. The rest can be read in the plants she prefers to have others draw: “In their possible clumsiness, we can read a personality, a story.” Like the scandalous story of a land polluted by the military industry, where old ammunition boxes still serve as planting containers. Charlotte Fauve
























